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terça-feira, 3 de setembro de 2013

Ecole, la rentrée sous un nouveau jour

Le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon, accompagné de George Pau-Langevin, ministre déléguée à la Réussite, le 29 août 2012 à Paris. 

Cette année, les rythmes scolaires varieront d’une ville à l’autre, conséquence d’une réforme Peillon ambitieuse, critiquée et atténuée.

Née dans la douleur, la semaine de quatre jours s’apprête à disparaître dans le chaos. Lorsqu’en 2008 Xavier Darcos avait décrété la suppression du samedi matin, cela avait déclenché un tollé. Enseignants et parents s’étaient indignés d’une décision prise sans consultation, qui allait contre l’avis de nombreux experts. Cinq ans après, le retour aux quatre jours et demi suscite bien peu d’enthousiasme, plutôt de l’inquiétude devant l’embrouillamini des nouveaux rythmes scolaires proposés ici et là.
Il est pourtant difficile de contester le fait que l’étalement des cours, grâce au mercredi matin travaillé, va profiter aux enfants. Toutes les études publiées ces dernières années - de la Cour des comptes, de l’Académie de médecine, de l’Institut Montaigne… - aboutissent à la même conclusion : la semaine de quatre jours, avec ses six heures de cours quotidiennes et ses deux coupures, le mercredi et le week-end, ne favorise pas la réussite des élèves. Au contraire. Un enfant de primaire ne peut rester concentrer trois heures le matin et autant l’après-midi, avec pour les plus en difficultés une demi-heure, voire une heure de soutien le midi ou en fin d’après-midi. Et comme toujours, ce sont les plus fragiles, scolairement mais aussi souvent socialement, qui en pâtissent le plus.
Bien-être. Mais les changements sont souvent douloureux. Surtout lorsqu’ils ont été si maladroitement engagés. A peine nommé ministre en juin 2012, Vincent Peillon claironne qu’il va en finir avec les quatre jours. Il présente la chose comme une mesure de bien-être pour les petits Français - les seuls en Europe à devoir ingurgiter des programmes aussi lourds en un temps si réduit - et comme un geste de justice sociale - les élèves favorisés qui n’arrivent pas à suivre pouvant être aidés par leurs parents ou se payer des petits cours.
Avec un programme pareil, l’enthousiaste ministre comptait avoir le soutien des syndicats enseignants, très remontés contre les réformes menées dans le primaire par Darcos, qui trouvait que les enseignants de maternelle «changeaient les couches». Mais Peillon se trompait.
En quatre ans, les professeurs des écoles se sont habitués aux quatre jours. Beaucoup sont des femmes qui ont organisé leur vie familiale en conséquence. Certains reconnaissent les limites de cette semaine. Mais leur demander de venir travailler le mercredi, sans geste en retour, est souvent perçu comme une nouvelle attaque contre une profession malmenée ces dernières années. Les instits français sont parmi les plus mal payés d’Europe. Ils ont aussi été critiqués pour les résultats en berne de l’école française. Les syndicats dès lors se divisent. Certains soutiennent la réforme, les autres la combattent sur le mode : le passage aux quatre jours et demi est trop précipité pour être réussi et risque d’aggraver les inégalités entre territoires riches, pouvant financer des activités intéressantes, et pauvres.
Engluée. Simultanément, les maires, appelés à financer des ateliers périscolaires, sont montés au créneau. Et, devant la grogne, François Hollande a fléchi : alors que Peillon répète que la réforme s’appliquera en 2013, il donne deux ans aux communes. Son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, débloque 250 millions d’euros pour les aider.
Au fil de débats interminables, la grande réforme annoncée s’est engluée. Le ministre, qui promettait de revoir dans la foulée l’année scolaire et ses trop longues vacances, n’en parle plus guère. Or, pour beaucoup, une réforme des rythmes qui n’y toucherait pas ne serait qu’une réformette.

=Libération=

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