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sexta-feira, 6 de setembro de 2013

Syrie : un dîner de gala glacial au G20

Sourires forcés, poignées de main furtives, messes basses... Le dîner d'ouverture du G20, jeudi soir à Saint-Pétersbourg, était pour le moins tendu.

Barack Obama et Vladimir Poutine, après s'être serré la main, jeudi soir à Saint-Pétersbourg. 

Vladimir Poutine et Barack Obama ont eu beau échanger poignée de mains et sourires forcés à Saint-Pétersbourg, les deux hommes n'ont pu dissiper la crispation qui a dominé le sommet du G20. Et dans les faits, le dîner de gala, dans le cadre somptueux d'un ancien palais impérial, n'a pu que "confirmer la division" sur la Syrie, le sujet le plus brûlant, a fait savoir sur Twitter le chef du gouvernement italien Enrico Letta. Tout au long du premier des deux jours de réunion des plus grandes puissances mondiales, les chefs d'État ont tenté de sauver les apparences face caméra.
À son arrivée vers 15 heures jeudi (heure de Paris), Barack Obama, à la descente de son véhicule blindé noir, était attendu comme tous les autres dignitaires par le président russe sur le perron du palais Constantin, surplombant le golfe de Finlande à 15 kilomètres au sud-ouest de l'ancienne capitale russe. Les deux hommes, dont les relations se sont considérablement dégradées ces derniers mois, au point de ressusciter le terme de guerre froide, se sont serré la main, souriant face aux caméras et objectifs, et ont échangé quelques mots. Bref, l'échange a surtout semblé d'une cordialité obligée, comparé par exemple aux rires francs échangés lors de leur poignée de main par Angela Merkel et Vladimir Poutine.

Visite surprise de Merkel à Hollande

Quelques minutes avant ces accueils très protocolaires, Mme Merkel avait rendu une visite impromptue à François Hollande. La chancelière allemande, visiblement annoncée à la dernière minute, est venue défendre pendant une quinzaine de minutes de tête-à-tête sa position, partagée par l'écrasante majorité des Européens : le rejet de toute intervention militaire, et la priorité absolue accordée à la voie politique. Et la Syrie n'a pas été le seul sujet à geler l'ambiance.
Barack Obama et la présidente brésilienne Dilma Rousseff sont ainsi arrivés fort en retard pour le dîner officiel, après un tête-à-tête. Les deux pays vivent un froid diplomatique après des révélations sur l'espionnage supposé de Mme Rousseff par les services secrets américains. La majorité des invités, emmenés à pied par M. Poutine sur fond de façades illuminées dans la nuit, étaient arrivés en groupe vers 19 h 20, profitant de cette courte marche pour se livrer à de derniers conciliabules, par exemple entre M. Hollande, Mme Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron.

"La pensée de la guerre froide"

Quant à MM. Obama et Poutine, leurs différends ne se limitent pas au conflit syrien et se sont accumulés au fil des mois jusqu'à ce que le président américain finisse par annuler un sommet bilatéral à Moscou quand la Russie a accordé l'asile politique à l'ex-consultant du renseignement américain, Edward Snowden. Début août, le président américain avait ouvertement ironisé sur l'attitude de Vladimir Poutine pendant leurs rencontres bilatérales, où selon lui "il ressemble un peu au gamin qui s'ennuie au fond de la classe".
Barack Obama critique régulièrement la loi promulguée en juin par Vladimir Poutine qui condamne à des amendes et dans certains cas à la détention la "propagande" homosexuelle. Il a promis de rencontrer vendredi, après la clôture des débats du G20, des militants des droits des homosexuels à Saint-Pétersbourg, comme l'ont confié des représentants associatifs à l'AFP. "Il y a des moments où (les Russes) adoptent à nouveau la pensée de la guerre froide", avait estimé début août le président américain dans le même entretien.
Dans ces conditions, le faste déployé par M. Poutine pour ses hôtes, logés dans d'élégants petits palais, et régalés jeudi soir d'un feu d'artifice et d'extraits de la Traviata, paraissait un peu artificiel. Et il n'y avait que M. Letta, encore lui, pour trouver une raison de se réjouir jeudi soir, notant sur Twitter : "Le vin rouge servi au dîner est français et le vin blanc italien. Ce n'est pas que nous soyons chauvins, mais..."


=Le Point=

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